2008-10-07 12:37:10
La fausse crise cardiaque d'Apple
En ces temps de chaos boursier, la moindre nouvelle alarmiste, enflamme les esprits et fait fondre le cours. C'est d'une information bidonnée de ce style qu'Apple vient d'être victime, information, ou disons plutôt rumeur qui annonçait que Steve Jobs, l'emblématique PDG d'Apple, avait été victime d'une crise cardiaque. Cette info, révélée par CNN via son site participatif ireport.com, qui indiquait que Steve Jobs avait été emmené à l'hôpital d'urgence pour des raisons de gêne respiratoire et de douleurs sévères à la poitrine a fait plonger le cours d'Apple de 9% en une seule journée. L'information non filtrée et non vérifiée a été retirée du site et le compte de l'utilisateur nommé JohnTW a été fermé.
La SEC, l'équivalent de notre COB, a donc décidé de dilligenter une enquête sur la publication de cette information erronée de l'état de santé de Steve Jobs et de déterminer si il y a eu volonté ou non de nuire à Apple en manipulant ainsi les cours des actions de la société. Le démenti officiel d'Apple n'a pas réussi à stopper la chute des cours et le titre ayant déjà abandonné 3 % le jour de cette annonce dévisse carrément au beau milieu de la crise que traverse actuellement le Nasdaq. iReport a confirmé que la SEC aurait accès à l'identité exacte de l'auteur.
Rappelons qu'en août dernier Bloomberg avait déjà publié par erreur la nécrologie de Steve Jobs, et c'est l'intéressé lui-même qui avait dû démentir cette information visiblement pas trés vérifiée. Faisant preuve d'humour, Steve Jobs avait alors déclaré "Les rumeurs faisant état de mon décès sont trés exagérées".
Une fausse crise cardiaque pour une vraie crise financière, c'est semble-t'il une première au niveau de Wall-Street d'indexer directement les cours d'une société sur l'état de santé présumé de son dirigeant. Mais les spécialistes de la finance n'ont pas fini de nous surprendre paraît-il !
Tout comme pour les articles pleins de parti pris et d'inexactitudes (c'est un euphémisme), relatifs à des sujets sensibles, comme la politique et publiés sur Wikipedia, on parle à nouveau des ravages du "journalisme citoyen" et on montre du doigt le danger que représente la possibilité de laisser dire n'importe quoi à n'importe sur des médias trés diffusés en ligne. D'un autre côté on considérera que "La rumeur" a toujours existé, et que la publication des démentis et aussi plus rapide sur le net qu'ailleurs ! Et puis les médias traditionnels ne sont pas non plus à l'abri de ce genre de bourdes, qui plus est dans un environnement qui devrait être moins sujet à caution, et ce n'est ni Europe 1 ni Pascal Sevrant qui auraient dit le contraire.